LA LANGUE PORTUGAISE EN CULTURES avec Ana Paula Ferreira

Publié le 3 février 2026 Mis à jour le 3 février 2026

Cycle de séminaires organisé par le Centre de recherches interdisciplinaires sur le monde lusophone - CRILUS et la Chaire Lindley Cintra de Camões IP, de l’Université Paris, en partenariat le Lectorat de portugais / Université Paris 8.

Date(s)

le 17 février 2026

de 14h à 16h
Lieu(x)

Bâtiment Ida Maier (V)

salle 210

Programme: 
« À la rencontre des ‘plus lues et les plus écoutées’ : l'essor des femmes écrivaines au Portugal pendant la première phase de l'État nouveau »  (Ao encontro das ‘mais lidas e mais ouvidas’: o surto da mulher escritora em Portugal na primeira fase do Estado Novo), séminaire en portugais par Ana Paula Ferreira, University of Minnesota.

Résumé : Au fur et à mesure que l'État nouveau affermit ses principes moraux sur la société portugaise, un nombre sans précédent de recueils, de contes et de nouvelles, écrits par des femmes voit le jour. Cette vague de fictions courtes – qui laisse ensuite place au roman –, se traduit d’un rejet de ce que l'on appelle alors la « littérature féminine », soit une poésie sentimentale dépréciée par la critique de l'époque. C’est dans ce contexte qu’apparaissent Irene Lisboa, Adelaide Félix, Maria Archer, Raquel Bastos, Lília da Fonseca, Heloísa Cid, Manuela Porto, Patrícia Joyce, Natércia Freire, Maria da Graça Freire et Matilde Rosa Araújo, entre autres. Le séminaire mettra en relief un aperçu de certains des thèmes abordés, en dialogue avec – et souvent en opposition – les considérations du régime salazariste quant au genre, à la sexualité, à la classe et au colonialisme. À la lumière d'une perspective féministe et intersectionnelle des études culturelles, nous pourrons apprécier comment les récits des femmes des années 1940 constituent des archives historico-culturelles qu'il est urgent de récupérer et de cataloguer, non seulement pour des raisons littéraires, mais aussi parce qu'elles expliquent comment le présent porte les traumatismes de ce passé, qui perdure bien au-delà de la démocratisation et de la décolonisation récemment célébrées pour leur cinquantenaire.

Ana Paula Ferreira est professeure émérite au département d'études espagnoles et portugaises de l'université du Minnesota, à Minneapolis, chercheuse à l’IELT où elle participe au projet « Écrivaines de langue portugaise à l'époque de la dictature militaire et de l'État nouveau au Portugal, en Afrique, en Asie et dans les pays d'émigration », de l’université nouvelle de Lisbonne ; chercheuse au Centre de littératures et cultures lusophones et européennes de la faculté de Lettres, de l’université de Lisbonne. 

Elle est titulaire d'un doctorat en études luso-brésiliennes de l'université de New York. Entre autres axes de recherche, elle s'est concentrée sur la redécouverte des femmes écrivaines de la première période de l'État nouveau, abordant des thèmes tels que la subjectivité, le désir et le genre sexuel. Outre des dizaines d'articles sur le sujet, elle a publié l'anthologie et l'étude critique A Urgência de Contar: Contos de Mulheres dos Anos 40 (Caminho, 2002) et Women Writing Portuguese Colonialism in Africa (Liverpool, University Press, 2020). Ce dernier retrace l'histoire de plusieurs femmes dans la production symbolique du colonialisme portugais de la fin du XIXe siècle à la deuxième décennie du XXIe siècle. Elle a aussi réalisé une réédition et une étude introductive de l’œuvre de Maria Archer, Cadernos coloniais, à paraitre chez Editora d'Ideias (Coimbra, 2027).

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Mis à jour le 03 février 2026